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Randonnée - Via Francigena (Etape 6)

4 sept.
5 min de lecture

2026-09-03 Licques - Chappelle Saint-Louis-de-Guémy


23 km, un chien féroce et 415 kg de cloche : tout était prévu !


Nous étions 19 valeureux marcheurs, en ce jour de reprise, à partir à l'assault de l’épisode 6 de notre périple « Via Francigena ». Je ne vais pas revenir sur les cinq premiers épisodes. Ils sont nombreux à avoir suivi nos aventures avec les paysages magnifiques, les panoramas à couper le souffle, les chemins bucoliques… Mais aussi la pluie, le vent, la boue, les chaussures qui prennent l’eau, et parfois cette petite voix intérieure qui murmure : « Mais pourquoi je fais ça alors que j’aurais pu rester chez moi ? »


Bref, bon an, mal an, nous aurons parcouru, au terme des 6 premiers épisodes, 80 km de Via Francigena. Et comme si cela ne suffisait pas, il faut ajouter 64 km pour rejoindre les différents points de départ. Soit 144 km au total.


Ce pèlerinage nous a déjà conduits de Calais à Sangatte, Wissant, Mimoyecques, la forêt de Guînes, Licques, et ce jeudi 3 septembre… la Chapelle Saint-Louis de Guémy !


Le départ… enfin, presque, il s’agissait de rejoindre Licques, qui fut notre point de reprise officiel de la Via Francigena. Et pour une fois, bonne nouvelle : on commençait par une descente ! Une excellente façon de débuter une randonnée. On descend. On est contents. On rigole. On se dit que finalement, cette randonnée va être facile. Parce que la …



Première partie : c’est une promenade de santé.


Pour rejoindre Licques, nous avons traversé successivement Bonningues-lès-Ardres, Audrehem, le Bois Jean près de Hocquinghen, environ 12 km, et relativement peu de dénivelé. Bref… une mise en jambes. Enfin, une mise en jambes façon randonnée.


Arrivés à Licques nous nous sommes arrêtés pour la pause casse-croûte au café « Le Centaure ».


LE CENTAURE

Attention. Le Centaure, ce n’est pas juste une pause. C’est une institution. Les propriétaires nous connaissent bien. Très bien même. C’est notre troisième passage en moins d’un an. À ce rythme-là, la prochaine fois, ils vont nous demander : « Vous prenez toujours la même table ou vous voulez qu’on vous mette directement une plaque à votre nom ? »


Deuxième partie : Retour sur la Via Francigena


Après avoir reconstitué nos forces, nous avons repris la route pour retrouver notre itinéraire à épisode. Il nous restait alors 11,4 km à parcourir.


Et là… les choses se sont légèrement corsées : au kilomètre 15, nous avons eu droit à un consistant dénivelé positif. En fait : une montée. Une vraie. Pas une erreur d’impression sur le profil. Une montée. Mais j’avais rassuré tout le monde, nous avions connu pire.


Et puis, après chaque montée vient … une descente. C’est une loi fondamentale de la randonnée. Comme la loi de Murphy, mais avec des bâtons de marche. Donc après le dénivelé positif… dénivelé négatif ! Et ça, ça, c’était bon pour le moral. Il nous restait ensuite une dernière petite montée, facile, pour rejoindre la Chapelle Saint-Louis et le parking où nous avons retrouvé nos calèches.


L'incident de la bête féroce

Mais avant de partir, j’avais évoqué un événement particulièrement préoccupant. Le dimanche avant cette randonnée, j’ai reconnu le parcours avec Patricia. Tout se passait bien. Le soleil brillait. Les oiseaux chantaient. La nature était paisible. Quand soudain…


NOUS AVONS ÉTÉ ATTAQUÉS.

Oui. Attaqués. Le mot n’est absolument pas exagéré. Par un lion ? Un tigre ? Un ours ? Un sanglier particulièrement remonté ? NON

Un chien. Mais pas n’importe quel chien. Un chien qui avait visiblement décidé que la Via Francigena s’arrêterait là pour nous.

Un chien hargneux. Déterminé. Motivé. Et probablement titulaire d’un diplôme en intimidation.

Patricia et moi avons donc fait preuve d’un courage exceptionnel. Nous avons réfléchi très rapidement. Et nous avons appliqué une stratégie parfaitement maîtrisée : « On ne bouge plus et surtout… on ne le regarde pas ! ». Résultat : nous sommes toujours vivants.


Mais comme je tenais à ramener tout le monde entiers à la maison, j’ai décidé de modifier le tracé afin d’éviter la rue où cette rencontre avec la Bête a eu lieu. Parce que 23 km, c’est déjà suffisant. Pas besoin d’ajouter une épreuve de survie.


Merci qui … le chien !

Et finalement, ce brave toutou nous aura rendu service. Car grâce à lui, nous avons emprunté un itinéraire légèrement différent qui nous permis de découvrir l’actuelle église Saint-Léger.


Comme quoi : il y a toujours du positif dans une attaque de chien. Enfin… presque toujours.


Cette église possède une particularité géographique assez amusante. Comme elle est située en plein cœur du village, la route principale, la route de Licques, est obligée de faire une belle courbe pour la contourner. Autrement dit : même la route doit lui céder le passage. Reconstruite en grande partie au XIXᵉ siècle, elle abrite une cloche baptisée Françoise Marie Adèle, fondue en 1858. Et cette petite dame pèse… 415 kilos !


Audrehem : petit village d’un peu plus de 500 habitants.

En consultant les actualités du village, j’ai découvert que le comité des fêtes avait récemment organisé une rando-quiz. Et j’ai trouvé l’idée excellente. Faire marcher les gens… et leur poser des questions en même temps.


C’est cruel. Oui, peut-être, Mais intéressant. On pourrait d’ailleurs peut-être s’en inspirer pour nos prochains programmes.

Par exemple : « Vous venez de faire 18 km. Combien vous en reste-t-il ? » Réponse : « Beaucoup trop. »

Ou encore : « Quelle est la bonne direction ? » Réponse : « Celle où il n’y a pas de montée. »

Bon… Il faudra encore travailler le concept.

 

Une fois m’être assuré que la canicule n’a pas laissé trop de traces dans les organismes, j'attirait l'attention sur le programme de cette fin d’année qui promet d'être… copieux. De belles randonnées nous attendent encore jusqu’à la fin de cette année. Il va falloir garder des jambes. Du souffle. Du moral. Et surtout… ne pas regarder le dénivelé avant de partir. Le dénivelé, c’est comme le poids sur la balance : tant qu’on ne le regarde pas, tout va bien. 😊

 

Et en ce jour de reprise, nous avons eu droit à deux serre-files : Patricia le matin et Philippe l’après-midi

Nous étions tranquilles. On savait qu’on rentrerait tous à la maison. Ils connaissaient le parcours, les chemins, les retardataires habituels, et savaient manier le sifflet !!! Donc, les traînards n’avaient qu’à … ne pas trainer. 🫣


Tout était dit. Enfin… presque. Le reste est venu en marchant, comme d’habitude. Il y a eu des discussions, des découvertes, des blagues, bonnes et mauvaises, et même de très mauvaises du genre :

 « c’est encore loin ? »

« quand est-ce que ça redescend ? »

« mon GPS indique 2 km de plus ! Vous êtes surs que c’était bien par-là ? »

« j’ai mal quelque part »

« j’ai faim »

Et « Mais qui a eu l’idée de cette randonnée ? »

Et tout cela dans une ambiance bon enfant, qu'on aime tant.


Merci à toutes et tous pour votre bonne humeur. Le soleil s’est montré tardivement mais ses rayons étaient là, dès le matin, avec votre présence. 🤗


A bientôt, pour la suite ...


Patrick

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