Randonnée - Gare de Cassel - Esquelbecq
- 24 avr.
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Dernière mise à jour : 25 avr.
2026-04-23 - Garde de Cassel (Bavinchove) - Esquelbecq - Patrick Magnier
Chroniques de la Marche Sans Retour vers Esquelbecq
Ce matin du 23 avril 2026, quand la brume hésitait encore à quitter les champs flamands, 15 voyageurs de pas se sont rassemblés à Bavinchove, en lisière de la vieille Gare de Cassel. Le monde derrière eux était connu. Celui devant… fut une ligne de 22,5 km, tissée de chemins agricoles, de villages anciens et de routes aux noms qui semblaient avoir été attribués par des cartographes légèrement poètes.
On murmure que cette traversée était une randonnée. Mais les anciens savent la vérité : c’était une quête de progression horizontale avec effets secondaires sur les mollets.
🏰 Le départ : Bavinchove, seuil des terres anciennes
Le groupe s’élança par la Rue de la Gare. Le sol était encore docile, presque conciliant. Mais déjà, la mémoire des lieux s’éveillait : ici passait autrefois un tramway disparu, comme si la région avait décidé un jour que les rails étaient trop directs pour ses intentions.
Très vite, la Rue de Cassel ouvre la voie vers la Place de l’Église, contournée avec respect, comme on salue un ancien gardien de passage.
Puis vint la Rue du Château, où aucun château ne se montre, mais où chacun comprend qu’il faut croire aux choses invisibles pour continuer d’avancer.
🌄 Les premiers chemins : l’appel des Trois Rois
Le groupe quitta les routes principales et s’enfonça dans les chemins agricoles.
On raconte que la Route des Trois Rois n’a jamais appartenu à trois rois réels, mais à quelque chose de plus redoutable encore : la répétition.
Les marcheurs avançaient, et le monde se transformait. Les repères devenaient des lignes droites bordées de champs, où le vent semblait commenter silencieusement chaque pas.
🌾 Zuytpeene : les terres des mottes endormies
Après environ 5 km, Zuytpeene apparut.
Ici reposent deux mottes féodales, immobiles depuis des siècles. Certains disent qu’elles dorment. D’autres qu’elles observent. Personne ne s’accorde, ce qui est souvent le signe d’un lieu important.
On parle aussi de batailles anciennes, de terres disputées, de récits où la boue avait plus de pouvoir que les couronnes.
Mais ce jeudi, tout était calme. Trop calme peut-être.
🌿 Ochtezeele : le village qui murmure
Plus loin, Ochtezeele se dévoila comme un secret bien entretenu.
Les maisons flamandes semblent écouter les marcheurs passer. Les champs s’étendent comme des souvenirs plats. Ici, le temps ne s’arrête pas : il ralentit par politesse.
La deuxième halte fut marquée. 10 km. Les corps commençaient à comprendre que cette aventure était sérieuse.
🚂 Arneke : la gare des temps relatifs
Le chemin reprit.
Rue du Coffre (vide, comme annoncé avec honnêteté), Rue du Haut-Midi, Rue Principale… jusqu’à Arneke.
Arneke possède une gare. Et dans ces terres, posséder une gare équivaut à posséder un lien direct avec le monde extérieur. Autrefois, le passage des trains réglait les journées. Un sifflement, et l’heure existait. Un autre, et elle disparaissait.
C’est ici que les voyageurs firent une halte. Le café-rando devient une forteresse temporaire. Les jambes déposent les armes.
🌬️ La traversée finale : vers Esquelbecq
À 13h tapantes, la compagnie se remit en marche.
Les chemins devinrent plus subtils. Les villages s’espaçaient comme des pensées fatiguées. Les routes changeaient de noms comme si elles testaient la mémoire des marcheurs : Ledringhem, Winkelstraete, Bergues, Rue du 5 septembre 1944… autant de balises dans une carte devenue récit.
Puis vint le Chemin des Templiers. Et l’on se demande si, autrefois, d’autres marcheurs n’ont pas ressenti exactement la même fatigue sacrée.
🧭 L’arrivée
Enfin, après la Rue de la Cloche et la Rue du Chemin de Fer, apparut la Gare d’Esquelbecq. Destination atteinte.
22,5 km derrière eux, les voyageurs n’étaient plus tout à fait les mêmes qu’au départ. Les jambes ont négocié leur indépendance. Les chemins agricoles ont laissé des questions. Et le groupe comprenait une vérité simple :
👉 On ne traverse pas la Flandre. On s’y laisse raconter. Et quelque part, entre deux souffles de vent sur les champs, la marche continue encore un peu… dans les souvenirs.
Patricia a fermé la marche, ce qui a garanti que personne ne fut officiellement perdu… juste “en exploration prolongée”.
Merci à tous pour votre agréable compagnie dans cette aventure.
Patrick























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